Encore Jean Valjean, encore Javert, encore les Thénardier ! Ce mercredi 14 octobre, « Les Misérables » revient au cinéma dans une nouvelle adaptation signée Fred Cavayé, avec Vincent Lindon, Tahar Rahim et Camille Cottin.

Un casting prestigieux, un budget colossal et près de trois heures de spectacle. Le cinéma français a sorti les grands moyens pour ressusciter Victor Hugo.

Mais fallait-il vraiment en remettre une couche ?

La question peut sembler provocatrice. Pourtant, après « Les Trois Mousquetaires » et « Le Comte de Monte-Cristo », difficile de ne pas remarquer l’appétit grandissant du cinéma français pour ses classiques littéraires.

Attention, il ne s’agit pas de condamner ces adaptations. Elles permettent de faire découvrir de grandes œuvres à de nouvelles générations. Et voir le cinéma français rivaliser d’ambition avec les grosses productions internationales est plutôt réjouissant.

Mais il y a un piège : à force de vouloir faire du spectaculaire, on risque d’oublier l’essentiel.

Les premières critiques de cette nouvelle version des « Misérables » sont d’ailleurs partagées. Si le casting impressionne et que certains spectateurs applaudissent, plusieurs journalistes regrettent une adaptation trop classique, davantage préoccupée par la mise en scène que par la profondeur du roman.

Et c’est précisément là que le bât blesse.

Victor Hugo n’a pas simplement raconté une aventure pleine de rebondissements. Il a dénoncé la pauvreté, les injustices et la brutalité d’une société envers les plus fragiles.

Des thèmes qui, malheureusement, n’ont rien perdu de leur actualité.

Alors oui, modernisons les classiques, offrons-leur des décors grandioses et des distributions prestigieuses. Mais n’oublions pas pourquoi ces histoires ont traversé les siècles.

Le véritable exploit ne serait-il pas de faire sortir les spectateurs du cinéma avec des questions plein la tête, plutôt qu’avec simplement de belles images plein les yeux ?

Car « Les Misérables » mérite mieux qu’une nouvelle démonstration de savoir-faire.

Il mérite encore de déranger.

Retour à l'accueil