Vincent Bolloré sort du silence… et règle ses comptes avec ses détracteurs
07 sept. 2026Vincent Bolloré a décidé de répondre.
Alors qu’un nouveau livre-enquête consacré à son influence médiatique et politique vient de paraître, le milliardaire a publié un long message pour contester la manière dont il y est décrit. Et le ton est particulièrement dur.
L’ouvrage, La Droite de Dieu – Vincent Bolloré, un milliardaire en mission, est signé par les journalistes Camille Vigogne Le Coat et Clément Lacombe. Il décrit notamment un patron très interventionniste dans ses médias et déterminé à peser sur la présidentielle de 2027.
Un livre qui décrit un patron très présent
Selon les auteurs, Vincent Bolloré participerait personnellement à deux réunions hebdomadaires réunissant plusieurs responsables de médias appartenant à son univers.
Ils affirment notamment que les propositions de couvertures et certains sujets éditoriaux lui seraient présentés directement.
Le livre décrit plus largement un homme convaincu de la nécessité d’influencer le débat public et favorable à une union des différentes droites à l’approche de l’élection présidentielle.
Des affirmations qui interviennent alors que l’influence de Vincent Bolloré dans les médias est déjà largement débattue.
CNews, Europe 1, le Journal du Dimanche ou encore plusieurs maisons d’édition font désormais partie d’un ensemble dont le poids dans le débat public français est devenu considérable.
Bolloré dénonce des méthodes « non professionnelles »
Cette fois, Vincent Bolloré n’a pas laissé passer.
Dans un message publié sur X, il reproche notamment aux auteurs de lui attribuer des pensées, des jugements et des intentions sans l’avoir réellement interrogé.
Il s’étonne qu’ils puissent expliquer ce qu’il aurait « dans la tête » alors qu’il affirme ne pas les connaître et ne leur avoir jamais parlé.
Plus offensif encore, il qualifie leurs méthodes de « non professionnelles » et utilise l’expression particulièrement sévère d’« égoutiers venimeux ».
Une réaction inhabituelle par sa longueur et sa virulence.
Une influence qui dépasse désormais la télévision
La polémique intervient dans un contexte où le rôle de Vincent Bolloré dépasse largement la seule télévision.
Cette semaine encore, Lagardère Media News est entré au capital du média Frontières, tandis que plusieurs publications se sont intéressées à la promotion du livre de Sarah Knafo, publié chez Fayard, également contrôlé par l’écosystème Bolloré.
Autrement dit, le débat ne concerne plus seulement CNews.
Il touche aujourd’hui la radio, la presse, l’édition et les médias numériques.
C’est précisément cette concentration qui alimente les interrogations sur la capacité d’un propriétaire de médias à peser directement sur la manière dont les idées circulent dans le pays.
Un homme qui assume de moins en moins de laisser parler les autres
Pendant longtemps, Vincent Bolloré s’est relativement peu exprimé directement sur les critiques qui visaient sa stratégie médiatique.
Ces derniers mois, son attitude semble différente.
Il intervient davantage, défend ses choix, ses collaborateurs et conteste publiquement certaines enquêtes le concernant.
Cette nouvelle prise de parole montre en tout cas qu’il ne souhaite plus laisser ses adversaires raconter seuls son histoire.
La bataille autour de son influence ne fait que commencer
Le livre ne changera probablement pas l’avis de ceux qui voient déjà Vincent Bolloré comme un acteur politique majeur.
Sa réponse ne convaincra probablement pas davantage ceux qui considèrent que son poids dans les médias pose un problème démocratique.
Mais cette confrontation illustre parfaitement une bataille qui va devenir de plus en plus importante à l’approche de 2027.
Une bataille qui ne portera pas seulement sur les candidats.
Elle portera aussi sur ceux qui possèdent les médias dans lesquels ces candidats seront vus, entendus et commentés.
Et cette fois, Vincent Bolloré a clairement décidé de ne plus rester silencieux.
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