France Télévisions relance une émission où il peut ne rien se passer pendant des heures

France Télévisions remet ça.

Depuis ce lundi 7 septembre, Le Brame du cerf est de retour sur france.tv pour une deuxième saison. Le principe reste aussi déroutant qu’efficace : filmer la forêt en continu, 24 heures sur 24, pendant trois semaines, sans commentaire ni scénario. Et accepter qu’il puisse ne rien se passer pendant de longues minutes.

Douze caméras au cœur de Rambouillet

Cette année, le dispositif est encore plus ambitieux.

Douze caméras ont été installées au cœur de la forêt de Rambouillet afin de capter les déplacements des cerfs et, surtout, leur fameux brame, ce cri puissant des mâles en période de rut. Le direct est disponible en continu sur france.tv.

La grande différence avec l’an dernier, c’est que cette deuxième saison se déroule cette fois dans une forêt ouverte, et non plus uniquement dans un parc fermé.

Un concept qui avait surpris tout le monde

Lors de sa première saison en 2025, Le Brame du cerf avait rencontré un succès inattendu.

Le Monde rappelait au printemps que cette première expérience de slow TV animalière avait dépassé 1,35 million de vues en trois semaines. Télérama évoque de son côté 375 000 connexions sur france.tv sur la période.

Autrement dit, il existe bien un public pour regarder… presque rien.

Et c’est précisément ce qui rend le concept intéressant.

“À tout moment, il peut ne rien se passer”

France Télévisions assume totalement le décalage.

La campagne de cette deuxième saison joue même avec cette idée en promettant : « À tout moment, il peut ne rien se passer ».

Pas de montage nerveux. Pas de musique permanente. Pas de présentateur qui relance l’attention toutes les trente secondes.

Seulement une forêt, des animaux et beaucoup de patience.

La slow TV, antidote à nos écrans trop rapides ?

Le concept vient des pays scandinaves, où la slow TV existe depuis plusieurs années.

L’idée est presque l’inverse de TikTok : ralentir volontairement le rythme et laisser au spectateur le temps d’observer.

France Télévisions avait déjà décliné cette logique avec Le Sacre du printemps ou encore Les Grandes Marées.

Dans un univers numérique où tout doit aller vite, être résumé et capter l’attention immédiatement, cette télévision lente ressemble presque à un acte de résistance.

Un lancement avancé à cause de la météo

Autre détail intéressant : France Télévisions avait initialement prévu de relancer le programme le 15 septembre.

La diffusion a finalement été avancée au 7 septembre, en raison des effets des fortes chaleurs et de la sécheresse sur le calendrier naturel de la forêt.

Même le brame du cerf doit donc désormais composer avec les dérèglements climatiques.

Et si le vide était justement ce qu’on cherchait ?

C’est probablement la vraie question derrière cette deuxième saison.

Pourquoi regarder un écran où il peut ne rien se passer ?

Peut-être justement parce que tout le reste va trop vite.

Pendant trois semaines, France Télévisions propose donc quelque chose de presque absurde sur le papier : attendre qu’un cerf apparaisse.

Et après le succès de la première saison, il semble que beaucoup de téléspectateurs trouvent finalement cette attente plutôt agréable.

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