Sonia Mabrouk : son public ne l’a pas suivie ?

Sonia Mabrouk était l’un des transferts les plus commentés de la rentrée télé. Après plusieurs années sur CNews et Europe 1, la journaliste a rejoint BFMTV avec un nouveau rendez-vous quotidien, 100% Mabrouk, diffusé de 18h45 à 21 heures.

Le pari est clair : installer une personnalité déjà très identifiée dans une case stratégique et permettre à BFMTV de renforcer son access face à CNews et LCI.

Une semaine après le lancement, les premiers chiffres montrent pourtant qu’un changement de chaîne ne suffit pas toujours à faire suivre son public.

Un démarrage pourtant encourageant

Pour ses premiers jours à l’antenne, Sonia Mabrouk avait obtenu des résultats plutôt encourageants.

Son émission avait notamment dépassé les 400 000 téléspectateurs sur certaines soirées, permettant à BFMTV de se rapprocher, voire de devancer ponctuellement ses concurrentes sur la tranche.

De quoi laisser penser que le nouveau rendez-vous pouvait rapidement trouver sa place.

Mais le retour complet des grilles concurrentes a changé la situation.

Le retour de Pascal Praud change la donne

Avec la reprise de L’Heure des pros 2 sur CNews et le retour des grands rendez-vous d’information de rentrée, la concurrence est redevenue nettement plus forte.

Sonia Mabrouk s’est retrouvée distancée par Pascal Praud, mais aussi par LCI sur certaines tranches.

L’écart est suffisamment important pour poser une vraie question : une partie du public qui regardait Sonia Mabrouk sur CNews suivait-elle réellement la journaliste, ou regardait-elle surtout une chaîne et un environnement éditorial auxquels elle était habituée ?

C’est tout le problème de ce type de transfert.

Une personnalité peut être très connue sans forcément disposer d’une audience qui lui appartient personnellement.

On ne déménage pas toujours son public avec soi

Pendant plusieurs années, Sonia Mabrouk a été associée à l’univers de CNews et d’Europe 1.

Elle y avait ses habitudes, ses rendez-vous, mais aussi un public qui regardait probablement d’autres émissions avant ou après la sienne.

En rejoignant BFMTV, elle change de décor, de voisins de grille et surtout de chaîne.

Pour certains téléspectateurs, suivre une animatrice ailleurs demande de modifier une habitude déjà bien installée.

Et sur les chaînes d’information, ces habitudes sont particulièrement fortes. Beaucoup de téléspectateurs restent plusieurs heures sur la même antenne sans changer de canal pour un programme précis.

CNews bénéficie en plus d’un access très identifié, avec Christine Kelly puis Pascal Praud.

Sonia Mabrouk ne fait donc pas seulement face à des personnalités concurrentes. Elle doit aussi essayer de casser des habitudes de consommation installées depuis plusieurs années.

Trop tôt pour parler d’échec

Les premiers chiffres sont décevants par rapport aux attentes, mais parler déjà d’échec serait prématuré.

100% Mabrouk existe depuis à peine quelques jours.

Une nouvelle émission peut avoir besoin de temps pour être identifiée, surtout lorsqu’elle arrive dans une grille déjà très concurrentielle.

BFMTV elle-même défend cette idée : installer un rendez-vous demande du temps.

Et les premiers jours ont montré que Sonia Mabrouk pouvait obtenir de bonnes performances lorsque la concurrence était différente.

La vraie question sera donc moins de savoir si elle a perdu une bataille cette semaine que de voir où l’émission se stabilisera dans quelques semaines.

Si les audiences restent durablement basses, le pari de BFMTV commencera forcément à être interrogé.

Si elles remontent progressivement, ce premier décrochage apparaîtra simplement comme une étape de lancement.

Un transfert très observé

BFMTV a beaucoup misé sur l’arrivée de Sonia Mabrouk.

Son émission occupe plus de deux heures chaque soir, sur une tranche où les chaînes d’information installent généralement leurs figures les plus fortes.

Son cas sera donc particulièrement intéressant à suivre.

Il rappelle surtout une chose assez simple : en télévision, la notoriété d’un visage et la fidélité à une chaîne ne sont pas toujours la même chose.

Sonia Mabrouk a changé d’antenne.

Reste maintenant à savoir combien de téléspectateurs accepteront, eux aussi, de changer leurs habitudes.

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