Quelques semaines seulement après son arrivée sur BFMTV, Sonia Mabrouk se retrouve déjà au centre de fortes tensions en interne. En cause : la place accordée dans son émission à certaines personnalités classées à l’extrême droite et, surtout, la manière dont leurs propos seraient parfois contredits à l’antenne.

Dans un communiqué particulièrement sévère, les syndicats SNJ et CGT du groupe RMC BFM dénoncent une orientation éditoriale qu’ils jugent préoccupante. Ils reprochent notamment à la journaliste d’avoir laissé plusieurs invités développer certaines idées sans contradiction suffisante. (Public)

Les représentants du personnel citent notamment l’interview de Sarah Knafo diffusée le 7 septembre. Ils estiment que certains propos autour des notions de Français « de souche » et « de branche » auraient nécessité davantage de recul et de contextualisation de la part de l’intervieweuse.

Les syndicats ont même réalisé leur propre comptage. Selon leurs chiffres, les personnalités qu’ils classent à l’extrême droite auraient représenté 25,5 % des intervenants politiques présents dans la tranche de Sonia Mabrouk entre le 24 août et le 8 septembre. Un chiffre qu’ils comparent notamment aux autres rendez-vous politiques de BFMTV. (Public)

La journaliste, elle, rejette fermement l’idée de vouloir transformer BFMTV en nouvelle version de CNews. Depuis son arrivée sur la chaîne, elle défend au contraire une émission fondée sur la confrontation des opinions et la liberté de parole. La direction de BFMTV lui a également apporté son soutien en affirmant vouloir faire vivre le pluralisme et permettre l’expression de sensibilités différentes. (Public)

Cette nouvelle offensive syndicale montre toutefois que le malaise n’est pas retombé. Derrière le cas Sonia Mabrouk, c’est désormais la ligne éditoriale de BFMTV qui fait débat en interne, à quelques mois d’une campagne présidentielle qui devrait occuper une place grandissante sur les chaînes d’information.

La question risque donc de revenir régulièrement : jusqu’où va le pluralisme… et à partir de quand certains salariés de la chaîne considèrent-ils qu’il devient complaisance ?

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